A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

M

N

O

P

Q

R

S

T

U

V

W

X

Y

Z

 

 

Vergnette (de) Marie


Né le: 17 septembre 1877
Mort le: 4 juin 1953
Profession avant la mobilisation: Officier
Passé à l'aviation le:
Brevet militaire le: 1911
Parcours: Commandant l'escadrille MS 23
Affectations:
Pilote

Vergnette (de) Marie

 Escadrile Ms 23
A la rentrée d'une reconnaissance le cne de Vergnette se déshabille, tout en me rendant compte du fonctionnement de l'appareil et du moteur. Cossa (?) emporte la combinaison fourrée et Cossé (?) démonte les bougies.
Treu le 16 mars 1915. [Lecou]

 vergnette CPTE

Citation à l'ordre de l'armée, août 1914

(Pas de fiche MDH)

Le 21 octobre 1914, il est cité à l'ordre de la IIe Armée .

« Le Capitaine de Vergnette, commandant l'escadrille M.23, a exécuté des reconnaissances remarquables par l'importance des renseignements rapportés et les difficultés d'exécution (nécessité de voler à très basse altitude en raison des nuages), a par son exemple quotidien entrainé les pilotes de son escadrille qui a rendu les services les plus signalés depuis le début de la campagne. »

Le 2 novembre 1914, il abat le 4e avion de la guerre

« Voyant un avion français poursuivi par un Taube, a pris ce dernier en chasse, s'en est approché jusqu'à 10 mètres en tirant sur lui les balles de son mousqueton et a réussi à le descendre par une chute extrêmement rapide dans un champ où il s'est écrasé. » ( Wikipedia)

 vergnette P M

 

Venson Fernand MF 5; Venson Fernand MF 228

Le Lt Carl de Vergnette de Lamotte (1877-1953), képi sur la tête, aux commandes d'1 monoplan Borel, probablement à l'aérodrome Borel, à Buc-Châteaufort, en septembre 1912. (Pour 1 cliché quasi identique, voir photo 9403)

Né le 17 septembre 1877 à Montpellier (Hérault), Carl Marie François vicomte de Vergnette de Lamotte, fait ses études au collège des Jésuites à Montpellier, puis à Jersey. En 1898, il est admis à l'Ecole spéciale militaire de St-Cyr, à compter du 25 octobre 1898.

Il en sort sous-lieutenant au 11e régiment de chasseurs à cheval de Vesoul, le 1er octobre 1900. Puis, il est affecté à l'école de Saumur, le 1er octobre 1901. Le jeune homme est nommé lieutenant. Il obtient 1 citation à l'ordre de l'armée, en temps de paix, à l'occasion des manœuvres de 1905, avec le motif suivant : "A retiré dans la Meurthe une personne qui se noyait."

En 1909, il se porte volontaire pour apprendre à piloter 1 avion mais il n'est détaché au sein de l'aéronautique militaire qu'en septembre 1911. Carl Marie de Vergnette obtient son brevet de pilote-aviateur civil (n°792), sur monoplan Blériot, à l'école civile Blériot de Pau-Caubios, le 9 mars 1912.

"Le Sport - Aviation
L'inspection du colonel Hirschauer aux écoles Blériot
En présence du colonel Hirschauer, les lieutenants Loubignac et de Vergnette ont
passé hier les épreuves du brevet après douze jours de présence effective à l’école ; (...). Tous les officiers et sous-officiers présents à l'école évoluent longuement, et le colonel Hirschauer est enchanté du travail exécuté."
(Journal "La République française", édition du 29 février 1912)

L'officier passe son brevet supérieur, à la fin de l'été, avec 4 autres pilotes militaires (Lt Garnier, Ronin, Roeckel et sapeur Pequet), à l'école Borel de Buc, près de Versailles.

En septembre 1912, il participe aux grandes manœuvres du Poitou. Son unité, l'escadrille A, commandée par le capitaine Casse, dispose de 3 monoplans Borel et 3 monoplans Blériot XI. Elle est rattachée au parti bleu dont le centre d'aviation est à Voultegon (Deux-Sèvres).

Il est nommé chef du centre aéronautique de Châteaufort (Buc), le 24 septembre 1912.

On trouve mention de quelques-uns de ses vols dans la presse :
"Aéronautique - A l'Ecole Borel
De Buc - Le lieutenant de la Morlais part de Buc pour son brevet militaire, passe à Chartres et à Orléans, et rentre après un superbe voyage effectué à 1 000 m de hauteur en moyenne.
Les lieutenants de Vergnette, Le Reverend, Quillien, survolent la campagne. (...)"
(Journal "L'Intransigeant", édition du 1er mai 1913)

Le lieutenant de cavalerie, nommé capitaine aviateur, le 22 mai 1913, est gravement blessé au cours d'1 accident d'avion, le 19 octobre.
"Chute d'un aviateur
Le capitaine aviateur Vergnette qui était parti de Versailles pour se rendre à Beaune est tombé d'une hauteur de 150 mètres, près de Combe-aux-Noyers.
Ses blessures quoique graves ne paraissent pas mortelles."
(Journal "La Bataille", édition du 21 octobre 1913)

À la suite de cet accident d'avion qui a failli lui coûter la vie, il est chargé de former 1 escadrille de Morane-Saulnier Type L pour essayer ce nouvel appareil biplace "parasol", idéal pour la reconnaissance.

Créée sur le terrain de St-Cyr, le 15 août 1914, et placée sous le commandement du Cne François de Vergnette de Lamotte qui restera à son poste jusqu'au 28 mars 1915, l'unité prend alors la dénomination officielle d'escadrille MS 23. Le jour même, elle fait mouvement dans l'est de la France, à Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) avec ses 6 Morane Saulnier type L. Elle est rattachée à la 2e Armée et engagée dans les batailles de Picardie, d'Artois et de Champagne.

Le 21 octobre 1914, il obtient 1 citation à l'ordre de la IIe Armée : "Le Capitaine de Vergnette, commandant l'escadrille 23, a exécuté des reconnaissances remarquables par l'importance des renseignements rapportés et les difficultés d'exécution (nécessité de voler à très basse altitude en raison des nuages), a par son exemple quotidien entrainé les pilotes de son escadrille qui a rendu les services les plus signalés depuis le début de la campagne."

Le 2 novembre, le Sgt Eugène Gilbert (1889-1918) remporte, avec le Cne Marie de Vergnette de Lamotte embarqué comme observateur-mitrailleur, la 1ère victoire homologuée de l'escadrille MS 23, sur 1 monoplan Morane Saulnier type L. Il s'agit du 4e avion allemand abattu en plein ciel depuis le début des hostilités. Cette action, remportée avec 1 simple mousqueton de cavalerie, alors que le combat aérien vient tout juste de naître, lui vaut l'attribution d'1 seconde citation à l'ordre de la IIe Armée.

"Aviateurs français contre avions allemands
Le 2 novembre, alors qu'il était en reconnaissance, accompagné, comme observateur, du capitaine de Vergnette, commandant l'escadrille M. S. 23, il aperçut un taube qui poursuivait un avion français. Il prit l'adversaire en chasse, le poursuivit au-dessus des lignes ennemies et s'en approcha jusqu'à une vingtaine de mètres pour permettre à son passager de tirer les trois balles de son mousqueton. Le pilote allemand fut, sans doute, atteint sérieusement, car le taube descendit en vol très piqué, et s'abattit dans un champ où il parut s'écraser. (,,,)"
(Revue "L'Aérophile", édition du 1er mai 1915)

C'est le 28 mars 1915, peu de temps après avoir été nommé au grade de chevalier de la Légion d'honneur le 3 décembre 1914, que le général Barres lui confie le commandement de l'aviation de l'armée de Lorraine. Le Cne de cavalerie aviateur de Vergnette de Lamotte occupe le poste de "Chef du service de l'aéronautique au Détachement d'Armées de Lorraine (DAL)".

De Vergnette de Lamotte est nommé chef d'escadron de cavalerie, placé hors cadres (aviation), le 26 avril 1916.

Lorsque la Roumanie entre en guerre en 1916 aux côtés des Alliés, de Vergnette est désigné pour aller former et commander l'aviation roumaine dans le cadre de la mission française placée sous les ordres du Gal Henri Berthelot. Le manque de matériel, les conditions sanitaires compliquées (épidémie de typhus) et la mauvaise organisation des transports compliquent fortement la tâche de l'officier.

Il reçoit à la suite du succès de sa mission, en mars 1917, avec l'autorisation du tsar Nicolas II de Russie, la cravate de commandeur de l'ordre de St-Stanislas, puis est promu au grade d'officier de la Légion d'honneur, en date du 30 août 1917 (suivant l'arrêté ministériel du 7 octobre 1917), avec le motif suivant : "N'a cessé de faire preuve, au cours de la campagne, des plus belles qualités d'intelligence, d'énergie et de bravoure. Dirige, avec une compétence et une ardeur remarquable, l'aéronautique de l'armée roumaine, donnant en outre l'exemple en payant souvent de sa personne. A su, malgré l'imperfection du matériel, obtenir un excellent rendement des escadrilles roumaines, qui ont joué un rôle important dans les dernières opérations et ont contribué, pour une large part, au succès de l'offensive du 24 juillet (Croix de Guerre)."

La paix à peine revenue, il reçoit la mission de se rendre en Pologne, sous les ordres du Gal Maxime Weygand, pour former les escadrilles polonaises qui vont lutter contre les Bolcheviques. Il y reste d'avril 1919 jusqu'à la victoire de Varsovie en septembre 1920.

Promu lieutenant-colonel, le 23 décembre 1921, l'officier qui a obtenu la Croix de guerre avec 5 palmes et 2 étoiles, devient commandant du 32e régiment d'aviation, basé à Dijon.

Le 20 mars 1923, il participe à une conférence sur l'avenir de l'aviation donnée par l'aviateur René Fonck (1894-1953) dans cette ville. L'"as des as" rappelle qu'"au début de la guerre, Dijon était considéré comme le premier port aérien au point de vue militaire".
"Le colonel de Vergnette, (,,,) au cours d’une intéressante conférence, expose les raisons pour lesquelles personne en France ne peut plus se désintéresser de l'aviation.
Il retrace à grands traits l’état de l’ovation avant la guerre, son rôle pendant le grand conflit et son orientation consécutive vers un but économique. Il montre quels espoirs elle réserve ; dans un temps qui n'est peut-être pas très éloigné, les avions arriveront à atteindre des vitesses de 1 120 km/h, et pourront faire, en moins de 24 heures, le tour de la terre au parallèle de Paris.
La France ne doit pas laisser les autres pays la dépasser, elle doit garder la première place pour l'aviation ; les résultats des lignes aériennes que nous avons mises en exploitation nous permettent à ce sujet tous les espoirs."

L'officier est promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur, en date du 12 juillet 1923.

Il devient commandant du 1er groupe d'ouvriers d'aéronautique, puis occupe le poste de chef du service général du ravitaillement en matériel d'aviation, le 8 septembre 1924.

Promu général de brigade aérienne, il prend le commandement de la 3e brigade d'aéronautique à Paris, le 21 décembre 1929, puis celui de la 1ère brigade d'aéronautique. Il devient commandant de la base aérienne du Bourget-Dugny, le 1er juillet 1932, avant de commander la 12e brigade aérienne, à Chartres.

Il est nommé général de division aérienne, le 15 mai 1933. Il quitte le service militaire actif après 35 ans de services.

De Vergnette de Lamotte est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur, le 18 décembre 1934.

Le général vicomte décède le 4 juin 1953. Il repose dans le cimetière de Vignolles (Côte-d'Or).