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Jailler, Lucien.

Né le : 23 novembre 1889 au Coteau (42).

Mort le : 2 juin 1921 à St Léger sur Roanne (42).

Profession avant la mobilisation : militaire.

Passé à l'aviation en : octobre 1912.

Brevet militaire le : 25 août 1913.

Parcours : BL 9.

Affectations : N 15.

12 victoires, 2 combats non homologués

C. Thollon-Pommerol

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Lucien Joseph Jailler naît le 23 novembre 1889 sur la commune du Coteau, dans la Loire. Sa famille vient s’installer à Paris où il passe l’essentiel de son enfance. Devenu adulte, il se passionne pour les sports mécaniques et les courses de moto. Il obtient un sursis d’incorporation qui lui permet de passer son brevet de pilote civil sur monoplan Koechlin le 10 novembre 1911.

A l’incorporation en octobre 1912, il est désigné pour le service aéronautique où il aura bien du mal avec la discipline. Il parvient cependant à intégrer l’école Blériot de Pau en février 1913 pour y passer son brevet de pilote militaire le 25 août 1913. Il se considère dès lors comme au-dessus de la troupe, mais sa hiérarchie n’est pas de cet avis. Après plusieurs punitions, il écope de 20 jours de prison, est radié du personnel navigant en novembre 1913 et envoyé en garnison à Epinal dans la troupe.

La déclaration de guerre et le besoin en pilotes le fait sortir progressivement de son placard : il est envoyé à l’escadrille BL 9 en tant que conducteur de tracteur, puis, le 29 novembre 1914, comme pilote au centre d’aviation de Villacoublay d’où, après avoir été promu au grade de caporal, il est muté à l’escadrille MS 15 sur le front de l’Artois. Promu sergent le 19 avril 1915, Jailler participe aux combats lors de l’offensive française en Artois. Il attaque le 16 mai 1915 un Aviatik allemand armé d’une mitrailleuse qui ne se laisse pas faire et tire sur le Morane Parasol qu’il touche de plusieurs balles, blessant Jailler de deux balles à la cuisse.

Ecarté du front quelque temps, il retrouve son unité qui se rééquipe de chasseurs Nieuport 10 et qui participe à la bataille de Verdun à la fin février 1916. Il y remporte trois victoires homologuées en mars et avril 1916, avant d’être envoyé avec la N 15 sur le front de la Somme où il en obtient trois autres durant le restant de l’année 1916, ce qui lui vaut d’être promu au grade d’adjudant et mentionné au communiqué aux armées du 30 janvier 1917.

Au mois de février 1917 l’escadrille N 15 est amalgamée avec plusieurs autres pour former le Groupe de Combat n°13. C’est à cette époque que sont reçus les premiers SPAD VII dont l’adjudant Lucien Jailler, toujours très au fait de la mécanique, va s’appliquer à résoudre le problème du refroidissement du moteur. Le GC 13 comme bien d’autres unités de chasse est engagé sur le secteur du Chemin des Dames au printemps 1917 et c’est là que Lucien Jailler remporte six nouvelles victoires homologuées, entre avril et juin 1917.

Épuisé par les combats, il est envoyé à l’arrière à la fin du mois de novembre 1917 où il est pilote réceptionnaire chez le constructeur Hanriot. Il souffre à ce moment d’une tuberculose pulmonaire. Il doit être hospitalisé en décembre 1918 et le restera pendant pratiquement toute l’année 1919, où il est démobilisé en septembre et se retire à Paris avec une pension d’invalidité. Il s’installe ensuite à Roanne alors que son état de santé se dégrade encore, et y épouse sa fiancée le 15 mai 1921. Il expire deux semaines plus tard, le 2 juin 1921.


Médaille militaire. Le 16 mai 1915 n'a pas hésité, avec un mousqueton, d'attaquer un avion allemand armé d'une mitrailleuse qui survolait nos lignes ; après un combat de vingt minutes, où il fit preuve des plus brillantes qualités de courage et d'adresse, a dû abandonner la lutte atteint de deux balles à la cuisse. A montré la plus grande énergie en atterrissant normalement malgré sa blessure et bien que son avion ait été atteint dans ses lignes essentielles. Croix de guerre avec palme.

1

8 mars 1916

N 15

DFW C

Spincourt

2

1er avril 1916

N 15

LVG C

Spincourt-Etain

3

4 avril 1916

N 15

LVG C

Tilloy-Boin

Pilote de premier ordre dont la modestie égale la bravoure. Vient de livrer une série de combats aériens où il a toujours eu l'avantage. Le 8 mars a attaqué un avion ennemi dans ses lignes et l'a forcé à atterrir près des tranchées. Le 18 a attaqué trois LVG et les a mis en fuite, bien qu'ayant reçu une balle dans le moteur. Le 1er avril a combattu un avion à Spincourt et l'a forcé à atterrir. Le 4 a abattu un LVG tombé dans ses lignes.

4

26 juin 1916

N 15

Ballon

Appilly

Chevalier de la Légion d’honneur. Jailler (Lucien-Joseph), mle 184, adjudant à l'escadrille N 15 : a effectué 232 heures de vol au-dessus de l'ennemi et livré 27 combats aériens. Le 8 mars 1916 a forcé un avion à atterrir dans les lignes allemandes. Les 1er et 4 avril a attaqué et abattu deux autres appareils ennemis ; le 26 juin a descendu un drachen en flammes après l'avoir attaqué à 600 mètres d'altitude. Déjà deux fois cité à l'ordre de l'armée et décoré de la médaille militaire pour actions d'éclat.

5

25 septembre 1916

N 15

Avion

Marchélepot

6

20 décembre 1916

N 15

Avion

Villers-Carbonnel

Pilote de première valeur par son courage et son habileté. Le 25 septembre 1916 a abattu un avion allemand et le 20 décembre un nouvel avion ennemi.

7

12 avril 1917

N 15

Avion

Rethel

Pilote toujours égal à lui-même, toujours admirable de cran et d'habileté. Le 12 avril 1917 a ajouté son septième appareil ennemi à son tableau de chasse, après un combat mené jusqu'au sol vers R... et terminé en mitraillant à 50 mètres une troupe allemande qui venait au secours de l'appareil abattu.

8

30 avril 1917

N 15

Avion

Laon

Pilote dont l'éloge est à faire chaque jour, tant pour sa valeur personnelle que pour l'allant et l'exemple qu'il donne à tous ses camarades. Le 30 avril 1917 a abattu son huitième avion.

9

9 mai 1917

N 15

Avion

Chamouille

10

25 mai 1917

N 15

Avion

 

Pilote hors de pair. Le 25 mai 1917 a abattu un avion ennemi au cours d'un combat qui s'est déroulé entre 3 500 mètres et 800 mètres d'altitude au-dessus des tranchées. Dixième avion ennemi abattu.

11

4 juin 1917

N 15

Avion

Filain

12

12 juin 1917

N 15

Biplace

Jouy

Légion d'honneur. Pilote de chasse, merveilleux d'adresse, de courage et de sang-froid. D'une modestie rare qui réhausse encore toutes ses qualités. Sert d'exemple à tous ses camarades, a abattu le 4 juin 1917 son onzième avion ennemi, le 12 juin, son douzième.

Nieuport 16 de Lucien Jailler, n° inconnu, Escadrille 15.



 Jailler Lucien Joseph

Jaguenaud Maurice N 15

 

 Jailler Lucien Joseph  Jailler Lucien Joseph

La Guerre Aérienne Illustrée

Mécanicien: Eugène Floch