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Fonck René

 

iconepage Fonck René L'As des As

(Biographie d'après AceS N° 8)


Né le: 27 mars 1894
Mort le: 18 juin 1953
Profession avant la mobilisation:
Passé à l'aviation le:
Brevet militaire le:
Parcours:
Affectations:
Pilote


Fonck René Fonck René
 
Première victoire
Première victoire René Fonck
 

Fonck, René, Paul, Mle 999, Adjudant à l'escadrille C.47:
"Pilote remarquable de bravoure, d'adresse et d'entrain, ayant déjà livré un grand nombre de combats aériens. Le 6 août a résolument attaqué deux avions ennemis fortement armés, en a pris un en chasse et, par une série de manoeuvres audacieuses et habiles l'a contraint à atterrir indemme dans nos lignes. Déjà deux fois cité à l'Ordre."
Attribution de la Croix de guerre avec Palme

M. Thiberg Paul, Louis Armand, Sous-lieutenat d'Infanterie de réserve à l'escadrille C.47
"Rend des services très appréciables et donne journellement les preuves d'une bravoure, d'un entrain et d'un dévouement au-dessus de tout éloge. Déjà deux fois bléssé et deux foix cité à l'Ordre. Le 6 août 1916, a attaqué seul 2 avions puissamment armés, en a pris un en chasse et l'a obligé à atterrir intact dans nos lignes. A eu au cours de la lutte son appareil criblé de balles."

 Alors qu'il volait sur un Caudron G4 non armé, René Fonck a obligé son adversaire à atterrir.

La Guerre Aérienne N° 110

 L'équipage allemand se composait de l'Obltn Adam Brey (pilote) et du Ltn Hermann von Raumer (observateur).

Voir ICI l'interrogatoire du pilote

fonck victoire 2eme cac v

 

Journal de marche. Secteur aéronautique du 2ème CAC. 17 mars 1917. (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr)

René Fonck

Victoires

1 06 août 1916 C47 Rumpler Estrées-Saint Denis
2 17 mars1917 C47 Albatros Cernay-en-Lannais
3 05 mai 1917 Spa103 Rumpler Berry-au-Bac
4 11 mai1917 Spa103 Albatros Aguilcourt
5 13 mai 1917 Spa103 EA Nogent l'Abbesse
6 12 juin 1917 Spa103 Albatros Cauroy-Cormicy
7 09 août 1917 Spa103 Fokker Dunkerque
8 19 août 1917 Spa103 Albatros C
9 20 août 1917 Spa103 EA
10 21 août 1917 Spa103 Biplace Dixmuide
11 22 août 1917 Spa103 EA Ypres
12 14 septembre 1917 Spa103 EA Langemarck
13 15 septembre 1917 Spa103 EA Zonnebeke
14 23 septembre 1917 Spa103 Biplace Houthulst
15 30 septembre 1917 Spa103 Biplace Poperinghe
16 17 octobre 1917 Spa103 EA
17 17 octobre 1917 Spa103 EA
18 21 octobre 1917 Spa103 EA Paschendaele
19 27 octobre 1917 Spa103 EA Westroosebeke
20 19 janvier 1918 Spa103 Fokker Beaumont
21 19 janvier 1918 Spa103 EA Samogneux
22 05 février 1918 Spa103 Biplace Sarrebruck
23 18 février 1918 Spa103 Albatros Caurieres-Bezonvaux
24 19 février 1918 Spa103 Albatros C Montfaucon
25 26 février 1918 Spa103 Biplace Dieppe
26 26 février 1918 Spa103 Biplace Montfaucon
27 15 mars 1918 Spa103 Biplace Bermercourt-Oratuville
28 15 mars 1918 Spa103 Albatros Courtecon
29 16 mars 1918 Spa103 Two-seater Nogent l'Abbesse
30 17 mars 1918 Spa103 Pfalz D.III Meneville
31 28 mars 1918 Spa103 EA Montdidier
32 29 mars 1918 Spa103 Scout Montdidier
33 29 mars 1918 Spa103 Scout Montdidier
34 12 avril 1918 Spa103 Scout Piennes-Montdidier
35 12 avril 1918 Spa103 Biplace Moreuil
36 22 avril 1918 Spa103 EA Assainvillers-le-Monchel
37 09 mai 1918 Spa103 Biplace Moreuil
38 09 mai 1918 Spa103 Biplace Moreuil
39 09 mai 1918 Spa103 Biplace Moreuil
40 09 mai 1918 Spa103 Biplace Montdidier
41 09 mai 1918 Spa103 Biplace Harlecourt-Braches
42 09 mai 1918 Spa103 Biplace Harlecourt-Braches
43 19 mai 1918 Spa103 EA Montdidier
44 19 mai 1918 Spa103 EA Montdidier
45 25 juin 1918 Spa103 Fokker Villers-aux-Erables
46 25 juin 1918 Spa103 Fokker Montdidier
47 25 juin 1918 Spa103 Halberstadt C Coutoire
48 27 juin 1918 Spa103 Halberstadt C Morisel
49 27 juin 1918 Spa103 Pfalz D.III Moreuil
50 16 juillet 1918 Spa103 EA Dormans
51 16 juillet 1918 Spa103 EA Dormans
52 18 juillet 1918 Spa103 EA Cachery
53 18 juillet 1918 Spa103 EA Cachery
54 19 juillet 1918 Spa103 EA Chatillon
55 19 juillet 1918 Spa103 EA Chatillon
56 19 juillet 1918 Spa103 EA Dormans
57 01 août 1918 Spa103 Biplace EBois de Hangard
58 14 août 1918 Spa103 EA Roye
59 14 août 1918 Spa103 EA Gruny-Cremery
60 14 août 1918 Spa103 EA Roye-Chaulnes
61 26 septembre 1918 Spa103 Fokker D.VII St. Marie-a-Py
62 26 septembre 1918 Spa103 Fokker D.VII St. Souplet
63 26 septembre 1918 Spa103 Halberstadt C Perthes-les-Hurles
64 26 septembre 1918 Spa103 Fokker D.VII St. Souplet
65 26 septembre 1918 Spa103 Halberstadt C Souain
66 26 septembre 1918 Spa103 DFW C Souain
67 28 septembre 1918 Spa103 Biplace Somme-Py
68 05 octobre 1918 Spa103 Biplace Liry-Mirvaux
69 05 octobre 1918 Spa103 Scout Mauvine-St. Clements
70 30 octobre 1918 Spa103 Biplace Falise-Vouzieres
71 30 octobre 1918 Spa103 Scout Semay-Terron
72 30 octobre 1918 Spa103 Scout Semay-Terron
73 31 octobre 1918 Spa103 Biplace Vouzieres
74 31 octobre 1918 Spa103 Scout Vouzieres
75 01 novembre1918 Spa103 Halberstadt C Vouzieres
 

Carrière

fonck 1918 v    Fonck René

 Polychrome d'une collection publiée par les chocolats Guerin-Boutron

René Fonck 

René Fonck
Un as occulté

par Corinne Micelli
 
Débutant sa carrière de pilote comme pilote d'observation, René Fonck se fit très vite remarquer par ses admirables qualités de chasseur. Il parvint même à faire atterrir un avion ennemi dans les lignes françaises sans coup férir. Versé dans l’escadrille 103 appartenant au célèbre groupe des « Cigognes », il intégra en peu de temps le cercle très restreint des as. Au 11 novembre 1918, son palmarès affichait 75 victoires homologuées et plus d’une cinquantaine probables. Parmi ces dernières, ne furent pas comptabilisées celles qu’il mit, par amitié, au crédit d’autres pilotes au palmarès toujours vierge et une, totalement fortuite, qui le laissa par la suite désemparé. Alors qu’il était affecté sur le front de la Somme, et désirant effectuer une reconnaissance nocturne, il demanda à tous les autres pilotes de s’abstenir de voler cette nuit-là. Bravant ou ignorant la recommandation et surtout le risque de se retrouver dans le collimateur de Fonck, un aviateur anglais n’avait pu s’empêcher de décoller. La nuit empêchant toute identification, le Français crut apercevoir un ennemi et n’hésita pas à lâcher une courte rafale sur l’appareil qui tomba au tapis. René Fonck se serait volontiers passé de cette victoire, qui, comme on peut s’en douter, ne fut pas homologuée.
 
Son titre d’as des as français et des alliés, loin d’être usurpé, fut le fruit d’un entraînement acharné pour acquérir les fondamentaux et la technique indispensable à tout bon chasseur, non seulement pour abattre l’ennemi, mais revenir au terrain sans jamais recevoir une seule balle dans la carlingue de ses avions. Un fait qui n’est pas dû au hasard mais à une hygiène de vie exemplaire. Tandis que d’autres fréquentaient les cabarets au cours de leur temps libre, Fonck occupait le sien à s’entraîner très haut dans le ciel et à mettre au point des techniques de plus en plus sophistiquées, visant à garantir la victoire et l’invincibilité. Il réalisa à deux reprises un sextuplé dans un laps de temps record. Paradigme même du courage, il laissait la témérité à d’autres audacieux et calculait ses chances d’abattre un ennemi avant de faire vrombir le moteur de son Spad.
 
À l’heure de l’armistice, il avait mis au point une technique de combat qu’il révéla bien plus tard à un journaliste de l’ORTF lors d’une interview accordée après la Seconde Guerre mondiale.  « J’ai mis au point une tactique basée sur le dynamisme des avions, la géométrie et l’optique, lui confia-t-il. Le 9 mai 1918, jour de l’Ascension, j’ai décollé à 16 h 30 ; j’ai rencontré deux patrouilles composées chacune de six avions allemands. J’étais seul et j’ai hésité. Après avoir monté mon plan, j’ai décidé d’attaquer la plus haute patrouille. J’appliquai mes principes parfaitement étudiés et réglés. J’en descendis trois ; les autres prirent la fuite. Dans mon élan, j’attaquai la seconde patrouille et au bout de quelques minutes de combat, trois autres avions allemands était abattus. Quand je suis rentré, les téléphones de l’armée avaient déjà confirmé qu’il manquait six avions allemands. J’ai eu alors la certitude d’avoir résolu d’une façon définitive certains principes de la guerre aérienne. »
Après avoir été rappelé au service pour établir l’inventaire de l’armée de l’air de 1936 qui se révéla préoccupant, il avait refusé de réintégrer l’armée dans les conditions offertes par le gouvernement Blum.
 
Après la débâcle de juin 1940, Fonck, comme tant d’autres officiers, se rangea aux côtés du maréchal Pétain, auréolé de la victoire de Verdun et considéré comme le seul homme d’État à pouvoir sauver la France occupée. Le choix de l’as des as fut l’une des raisons de sa disgrâce. De plus, il fréquentait deux pilotes allemands Udet et surtout Goering, avec lesquels il s’était lié d’amitié dans l’entre-deux guerres. Ces relations « indécentes » lui permirent toutefois de sauver la vie de nombreuses personnes.
 
À la Libération de Paris, Fonck fut incarcéré à la prison du Dépôt sur une dénonciation calomnieuse de l’épouse du chef du réseau Rafale, le commandant Camille Sautereau,  qui fut déporté à Buchenwald. La plaignante ayant retiré ses accusations, il fut élargi trois mois plus tard. L’enquête de police menée à son encontre fut clôturée sans autre forme de procès.  Ce même Camille Sautereau, une fois rétabli de son internement, se rendra au domicile de René Fonck afin de lui remettre une attestation de services rendus à la Résistance.
 
Il s’éteignit à son domicile le 18 juin 1953 dans la plus totale indifférence des autorités militaires. Quand on lui fit connaître le décès de l’as des as, le planton en faction ce jour-là devant le poste de garde du ministère de l’air répondit en toute innocence : « Fonck, qui est-ce ?’ ».
 
Depuis la disparition de l’as des as, nombreux ont été les élèves de l’école de l’air à souhaiter appartenir à la « promotion René Fonck ». La dernière en date, celle de 2008, s’est vu opposer une fin de non-recevoir avec le même discours que ses sœurs aînées alors que les archives ont révélé sans ambiguïté les nombreuses actions menées par Fonck au profit de la Résistance et ses interventions auprès des autorités allemandes pour sauver la vie de plusieurs condamnés à mort.
Pour ne pas avoir embrassé la « vraie religion » pendant et après la Seconde Guerre mondiale, René Fonck fut remisé aux oubliettes de l’histoire de l’armée de l’air pour laquelle il s’était tant battu. Chaque 11 septembre, les bases aériennes pavoisent pour commémorer l’anniversaire de la mort de Georges Guynemer, tombé au champ d’honneur et érigé en mythe par la propagande.
René Fonck, un as oublié ? Non, un as occulté !
janvier 2009

Bibliographie:
 René Fonck
L’as des as, l’homme

Corinne Micelli & Bernard Palmieri
Economica, 2007

Voir la présentation ICI

René Fonck

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