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Verdun 1916

La Bande Noire. Juin 1916 – février 1917.

La bataille de la Somme bat son plein et quatre pilotes de l’escadrille N 3 ont décidé de la marquer de leur empreinte. « Nous avons formé avec Guynemer, de la Tour et Heurtaux un quatuor dénommé la "Bande Noire" dont les armes sont la cigogne tenant dans son bec une longue banderole noire" (Lettre d’Albert Deullin à sa soeur le 12 juillet 1915).

 COL DEULLIN COL GUYNEMER 
COL HEURTAUX 
COL DELATOUR 

Lorsque le sous-lieutenant Mathieu Tenant De La Tour dit de La Tour rejoint l’escadrille N 3 à Cachy en juin 1916, il rejoint les trois officiers présents et forme avec eux un quatuor. De retour de blessure, il s’est distingué à Verdun et affiche une victoire officielle.

Le sous-lieutenant Alfred Heurtaux vient d’y retrouver Georges Guynemer avec lequel il s’était lié d’amitié lors de leur séjour à l’école de Pau. Il n’a aucune victoire aérienne à son actif, mais son caractère « impétueux » lui sert de carte de visite.

Le sous-lieutenant Albert Deullin a été affecté à l’escadrille 3 en juillet 1915 à sa sortie des écoles de pilotage. A son tableau il a trois victoires : le 31 mars, le 27 avril, le 30 avril qui lui vaudra la légion d’honneur.

Le sous-lieutenant Georges Guynemer est déjà la vedette de l’escadrille avec 6 victoires à son actif.

Il reprend sa place au combat après avoir été blessé au début de son détachement sur Verdun

L’escadrille est une grande famille, certes, mais les affinités y dessinent différentes configurations et les grades y ont leur rôle. On se retrouve entre officiers.

Outre leur grade, leur origine sociale et le parcours personnel de ces quatre pilotes les réunit. Que ce soit leur cursus civil ou leur cursus militaire.

Guynemer et de la Tour sont des aristocrates, Heurtaux est issu de la grande bourgeoisie et Deullin est fils de notable.

1916 09 La bande noire

De la Tour Deullin Heurtaux Guynemer

Pour se singulariser et se faire reconnaître, ils font peindre une bande triangulaire noire sur le dessus du fuselage de leur appareil.

Les ordres de voler en groupe, par patrouille de deux au minimum, deviennent la norme après la bataille de Verdun où cette tactique s’est imposée.

Les ordres pour le 7 juillet donnés au Groupe des Cigognes sont formels. Et la latitude laissée à Guynemer est pointée du doigt comme auraient pu l’être les autres sorties de la journée. :

« Il est interdit aux Nieuport de sortir isolément.

Pourquoi le sous-lieutenant Guynemer était-il seul? »

La « réponse » de Guynemer interviendra le 16 juillet par une 10e victoire, victoire il est vrai obtenue en collaboration avec Heurtaux.

Plutôt portés sur les sorties en solitaire qu’ils préfèrent aux patrouilles, ils vont s’arranger pour voler ensemble si le vol de groupe leur est imposé, sans s’interdire des chevauchées en solo

Souvent à deux, parfois à quatre, les missions sont l’occasion de coopérer pour se protéger mutuellement en cas d’attaque.

Mais il arrive assez souvent qu’ayant pris le départ à plusieurs pour survoler une même région, chacun mène rapidement sa ronde de manière autonome. Les écarts d’heure de retour, de même que les comptes-rendus de fin de mission l’attestent.

Une cigogne tenant dans son bec une longue banderole noire.

6 juin. Le quatuor est rassemblé même s’il ne vole pas en tant que tel avant longtemps. Si Guynemer est à part et décolle souvent seul, et pratiquement deux fois par jour, les trois autres effectuent des missions à trois , ou des missions à deux, y compris avec Guynemer, quand ils ne partent pas seuls.

Jusqu’au 20 juin,  Guynemer et Deullin qui connaissent bien la région sont envoyés en missions au-dessus du front tandis que les autres font des vols d’essai ou des vols pour prendre leurs marques. C’est d’ailleurs lors d’un de ces vols que De La Tour capote dans les blés.

21 juin. Les essais des fusées Le Prieur (Deullin)  sont le signe d’une prochaine campagne anti-drachen, et le lieutenant de vaisseau est souvent présent à Cachy. Ce qui est par contre plus étonnant, c’est l’essai que fait Deullin de lâcher de pigeons dont il ne se servira pas de manière opérationnelle.

22 juin. Après une première ronde de 4h 45 à 7h 10, Guynemer s’élance à 8h 10 sur le Nieuport . N° 128 M. au-dessus de la région de Rosières.: Il attaque un bifuselage à 10h mais ne peut conclure par suite d’enrayage. L’attaque d’un 2e avion allemand est plus chanceuse : l’ennemi prend feu et s'abat près de Rosières. Guynemer reçoit en retour une balle dans son appareil. Atterrissage à 10h 50. Cette victoire lui sera homologuée en partage avec Chainat qui, parti une heure plus tard, protégeait une mission photographique.

Citation pour Guynemer "Le 22 juin 1916, a livré trois combats aériens au cours de l'un d'eux a abattu un avion allemand après avoir eu son appareil atteint par les projectiles ennemis."

Citation pour Chainat : Le 19 juin 1916 au cours d'un combat aérien, a été blessé par une balle qui lui a arraché le cuir chevelu. Le 22 juin a attaqué deux avions allemands et abattu l'un d'eux en flammes dans nos lignes.

23 juin. Quoiqu’il soit parti une heure plus tard (5h) Deullin a rejoint Guynemer et ensemble ils mènent un combat contre un biplan lors d’une croisière au-dessus du front de l’armée. Guynemer tire 100 coups et voit l’allemand piquer chez lui. Ils le poursuivent sans résultat, reprennent leur ronde et rentrent, Deullin ayant pris deux balles dans son avion ainsi que Guynemer.

Plus tard dans la matinée Guynemer repart, seul, alors que de La Tour et Heurtaux décollent ensemble pour une mission sur le front de l’armée (10h 45)

24 – 25 juin. Alors que Deullin fait des essais sur son Nieuport n° 328 M (17h 15 - 17h25), Heurtaux et De La Tour s’élancent pour une mission sur le front de l’armée. Ils répètent cette mission le lendemain mais De La Tour est obligé de l’écourter sur panne. Deullin au petit jour est parti accompagner une mission spéciale du Caporal Pelhat de l’escadrille N 26 en empruntant son « Vieux Charles III » à Guynemer. Peut-être est-ce la raison de ses essais de lâcher de pigeon…(4h 15 – 5h 15)

26 juin. A 8 heures Deullin décolle pour une mission anti-drachen pour laquelle il est équipé de fusées Le Prieur. De La Tour l’accompagne en protection. Devant leur approche un LVG fait demi-tour. Parti à 8h 25 Heurtaux se joint à la protection de la mission. Deullin tire ses fusées qui passent au-dessus du drachen. Il revient alors et attaque le ballon à balles incendiaires. L’observateur allemand descend en parachute tandis que le drachen flambe. La patrouille rentre à 9h 30.

Citation pour Deullin : Le 26 juin 1916, n'ayant pas réussi la destruction par torpille aérienne d'un ballon captif allemand, l’a aussitôt attaqué à la mitrailleuse et est parvenu à l'incendier à bout portant.

Une mission identique est menée en parallèle par Houssemand, Guiguet et Brocard.

Ces missions anti-drachen se répètent le 1eret le 2 juillet ( Heurtaux, Deullin, de La Tour ) après deux jours sans particularité où Guynemer effectue des rondes de chasse.

Les jours suivants les missions habituelles reprennent au-dessus de la ligne de front ou de Péronne.

9 juillet- 8h 15 – 10h Deullin, Heurtaux, De La Tour décollent pour une mission sur le front. Après ce départ groupé, le vol de chacun prend une tournure plus individuelle. Deullin attaque sans succès un ballon d’observation allemand et affronte sans plus de succès trois LVG dans la région Péronne - Roisel - Nesle. De La Tour, sans pouvoir les attaquer, a vu à l’est de la Somme plusieurs avions ennemis. Il a aussi repéré un terrain d’atterrissage allemand vers Baumatz. Ayant vu de loin un combat du lieutenant Heurtaux, il atteste que l’appareil a piqué en étant désemparé. Heurtaux ne rapporte pas ce combat dans son compte-rendu mais une attaque contre un drachen qui est ramené au sol, et qu’il suit dans sa descente jusqu’à l’altitude de 600m en lui tirant un rouleau de balles incendiaires.

Guynemer part en début de soirée à19h 55 pour survoler la région de Péronne. Il engage un combat avec 5 appareils, mais plusieurs enrayages perturbent ses attaques et bien plus sa mitrailleuse se décroche. L'avion ennemi qu’il affrontait tirait à travers l’hélice avec une mitrailleuse synchronisé .


 

Nieuport 16 Deullin

Nieuport 16 n° N 962 du sous-lieutenant Albert Deullin au retour d'une mission anti-Drachen en juin 1916.

Une sortie en patrouille de l’escadrille au complet.

10 juillet. Chainat, Deullin, Guynemer, de La Tour, Raymond, Bucquet, Dorme, Houssemand, Barrois. L’escadrille est presque au complet et vole en deux groupes se protégeant mutuellement, les quatre sous-lieutenants faisant corps. Départ à 20h, retours échelonnés entre 21h 15 et 21h30. La rencontre d’une première patrouille allemande puis d’une seconde donne lieu à une mêlée générale dont le compte-rendu fait un long récit.

Une ronde de chasse accompagnée des sous-lieutenant Deullin, de La Tour, Guynemer se dirigeant sur Péronne vers 20h 20 quand elle voit 5 boches passant la Somme au Sud de Buire et allant vers Chaulnes. L'altitude des français est d'environ 3.000m, celle des boches 2.200. Le groupe des Nieuport, après avoir fait le signal convenu fonce, franchissant la Somme à l'Est et se rabat vers le Sud pour couper la retraite aux ennemis.

Le sous-lieutenant Deullin pique sur un grand LVG qui marchait en serre-file et lui tire un rouleau. Le LVG pique et se rétablit au ras du sol. Il croit l'avoir vu atterrir sur la rive droite de la Somme.

Les 5 autres allemands font demi-tour et foncent sur le sous-lieutenant Deullin qui change de chargeur à 1.200m d'altitude.

Un petit Aviatik prend nettement la tête mais est pris à parti par le sous-lieutenant Guynemer et le sergent Chainat qui se trouvant dans la région avec un autre groupe était venu se joindre au notre en voyant le combat.

L'Aviatik s'enfuit vers le reste du groupe qui avait eu affaire avec le lieutenant de la Tour.

Le groupe ayant repris un peu de hauteur (1.800m) le chef de patrouille lance une fusée de ralliement. Les autres Nieuport le rejoignent aussitôt. Le groupe reconstitué repasse la Somme face à l'Est à la poursuite des avions ennemis que l'on voit s'enfuir, très bas très loin dans les Bois de Vermand.

La ronde se poursuit sans incident jusqu'à 21h.

11 juillet. 18h 15 Départ de Deullin, Guynemer et Heurtaux. Région Péronne - la Somme. Retour vers 20h 40. A 19h, de La Tour s’élance à la poursuite d’un avion signalé.

Heurtaux engage le combat avec 8 avions allemands dans la région est de Péronne et tire un rouleau complet sur un LVG sans effet remarquable. Dans l’échange il reçoit une balle dans son appareil qui brise une tige de culbuteur. Deullin essaye de détruire une « saucisse » à Nesle, puis reprend la ronde sur le front de l’armée. Guynemer attaque un Aviatik sur Saint-Christ puis un LVG qui le menaçait par derrière. Il manœuvre et réussit à le tirer de 3/4 avant entre 5 et 6 mètres, voyant une balle lumineuse entrer dans le fuselage. A ce moment le lieutenant Deullin en protection tire un rouleau de près et abat le LVG. Avec Guynemer il attaque ensuite sept avions ennemis au N E de Péronne. La mitrailleuse de Guynemer enraye définitivement au premier coup.

De La Tour n’a pas retrouvé l’avion signalé pour lequel il a décollé. « Vu 8 boches sur Péronne et 3 au sud de Roye ». Mais il lui est impossible de les rejoindre. Il assiste de loin au combat de Heurtaux car celui-ci est trop haut pour pouvoir l'aider.

Citation pour Deullin : Pilote de chasse de premier ordre, le 11 juillet 1916 a abattu son 4e avion allemand qui s'est écrasé sur le sol.

De La Tour et Guynemer en grande discussion.

De La Tour et Guynemer en grande discussion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chainat a


Première patrouille à quatre.

12 juillet. Une patrouille à 4 de la Bande Noire : les lieutenants Deullin, De La Tour, Heurtaux, et le sous-lieutenant Guynemer partent en mission sur le front de l’Armée à 15h 40. Même si Heurtaux ne les voit pas, Deullin, de la Tour et Guynemer aperçoivent trois avions ennemis volant dans leurs lignes, cependant trop loin pour être attaqués. Retour à 17h 15 sauf pour Guynemer qui prolonge sa ronde d’un quart d’heure. RAS.

Guynemer sans doute déçu de cette patrouille rentrée bredouille repart chercher le combat après avoir fait le plein à 19h 30. Un LVG et deux biplaces l’attaquent. Faisant face, il doit pourtant rompre le combat sa mitrailleuse s’étant enrayée de manière définitive. Il rentre après 25 minutes infructueuses.

15 juillet : Départ sur avion ennemi signalé. Le lieutenant De La Tour attaque vers 9h 30 un LVG région ouest de Combles. Il tire 47 cartouches entre 0 et 50m. L'appareil ennemi pique verticalement, tangue fortement à droite et à gauche puis reprend la verticale jusqu'au sol.

Pendant que le lieutenant de La Tour combattait un autre LVG l'attaquait derrière et est pris en chasse par l'adjudant Dorme qui le force à rentrer dans ses lignes. L'adjudant Dorme peut voir l'appareil attaqué par le lieutenant de La Tour d'abord légèrement en descente puis tombant verticalement et en perte d'équilibre.

A 9h 55 le lieutenant De La Tour attaque un autre LVG sur lequel il tire 7 cartouches. L'appareil ennemi rentre chez lui en piquant.

D' autre part un petit Aviatik de chasse attaque le lieutenant Heurtaux mais il n'insiste pas.

Vers 10h le lieutenant Heurtaux attaque 2 LVG au sud-est de Péronne. Le premier pique fortement et le pilote le perd de vue tandis qu'il attaque le deuxième LVG; celui-ci pique également dans ses lignes.  Pendant le combat du lieutenant Heurtaux, l'adjudant Dorme attaque un petit avion de chasse à l'ouest de Péronne et qui se dirigeait sur le lieutenant Heurtaux. L'adjudant Dorme tire une quinzaine de cartouches à 50m. Les balles traçantes seraient arrivées dans le fuselage. L'Aviatik abandonne le combat et pique dans ses lignes. Le lieutenant Heurtaux revient sur le lieu du combat ne revoit plus les 2 appareils ennemis.

Vers 10h 30 le lieutenant de La Tour attaque un LVG au-dessus de Péronne. Après 4 cartouches, enrayage de la mitrailleuse. L'avion ennemi en descente, rentre vers Saint-Cren.

 

nieuport de la tour

Lieutenant de La Tour au poste de pilotage de son Nieuport N° 1377 et codé "10". Mitrailleuse sur l'aile supérieure.

 16 juillet. 9h 25 10h 15. Guynemer et Heurtaux partent en ronde sur la Somme. Cinq LVG sont repérés et approchés. Le lieutenant Guynemer et le lieutenant Heurtaux attaquent à 10h le premier groupe de deux avions qu’ils tirent à bout portant. Les deux LVG s'abattent, l'un à la verticale, l'autre entre Barleux et la Somme. Les trois avions ennemis restants entrent chez eux en piquant. Cette collaboration permet à Heurtaux d’obtenir sa 2e victoire et à Guynemer sa 10e.

Citation pour Heurtaux : Brillant pilote. Le 16 juillet 1916 a abattu son deuxième avion ennemi qui s'est écrasé sur le sol.

Médaille Militaire et une citation à l'ordre de l'armée en date du 21 juillet 1916 pour Guynemer : "Pilote plein d'entrain et d'audace, volontaire pour les missions les plus périlleuses. Après une poursuite acharnée, a livré à un avion allemand un combat qui s'est terminé par l'incendie et l'écrasement de ce dernier."

Citation à l'ordre de la 6e armée en date du 27 juillet 1916 : "Le 16 juillet 1916, a abattu son dixième avion ennemi qui est tombé en flammes, dans les lignes ennemies."

Deullin (9h 30 – 10h 45) est envoyé en mission photographique sur le front autour de Péronne sous la protection de de La Tour. Le travail est gêné par la mer de nuages dans laquelle ils doivent évoluer.

Ils repartent ensemble le lendemain, patrouille au cours de laquelle après avoir repéré un Aviatik de chasse trop loin sur Roisel Deullin attaque un LVG vers Nesle, combat sans résultat. De La Tour également ne peut attaquer deux Fokker, un LVG et un Aviatik qui croisent dans la région de Péronne.

20 juillet- Heurtaux, De La Tour, Deullin participent à une patrouille à cinq de 19h à 20h 30 ( avec Lemaire et Chainat ). Deullin attaque un Fokker qui pique chez lui. De La Tour attaque un LVG et le mitraille de très près sans résultat. Après le combat le groupe se reforme et attaque un Fokker au-dessus de Ham. Chainat enraye. Deullin attaque alors le Fokker avec De la Tour. Leurs mitrailleuses s'enrayent. Ils rentrent un peu frustrés de cet insuccès.

Les nombreux enrayages sont l’objet au retour de mission de l’inspection des bandes et particulièrement de la manière dont elles sont stockées et contrôlées au moment de l’armement de l’avion. Quelques remarques peu amènes ponctuent les ordres des pilotes au responsable des munitions. Selon Guynemer il suffirait que la bande soit en bon état et les cartouches bien enfoncées.

21 juillet. 8h 30. De La Tour ( retour à 11h ) et Heurtaux ( retour à 10h 55 ) participent à une patrouille de 6 ( Chainat rentre à 10h 05, Lemaire rentre à 10h 30, Dorme rentre à 10h 10, Bucquet rentre à 10h 45). Rapidement la patrouille se disloque chacun volant de son côté. Les combats prennent un caractère individuel. Heurtaux attaque un bimoteur monofuselage à l’est de Péronne et un LVG au sud de Saint-Christ sans résultats Puis 1 Fokker qui pique dans ses lignes en dégageant de la fumée. De La Tour attaque un LVG au sud-est de Péronne mais sa mitrailleuse s’enraye à la troisième cartouche et il reçoit deux balles dans son appareil. Il abandonne le combat sans résultat.

8h 30-9h55. Deullin parti seul à 8h 30 pour une ronde de chasse sur le front de l'armée passe à l’attaque d’un LVG. Dans le combat son appareil a un câble de cellule coupé et le réservoir crevé. Deullin doit effectuer un atterrissage d’urgence près d'Herbécourt. Son avion capote et prend feu. Deullin sort presqu’indemne de l’accident ayant une main légèrement brulée. Son avion, le Nieuport 963 est complètement détruit.

24 juillet. 19h 30, 20 h 35. Patrouille : Raymond, Dorme, Houssemand, Deullin, Heurtaux, Chainat, De La Tour, Guynemer. La ronde sur le front de l’armée rencontre une brume épaisse qui gêne le travail. Malgré cela Chainat repère un avion allemand de réglage très bas au nord-ouest de Péronne, avion également signalé par Guynemer qui a en outre aperçu quelques « boches » dans la même région. Tous les autres signent leur retour d’un RAS.

26 juillet, 18h 30. Guynemer dirige sur le front de l'armée une patrouille de 4 dont la composition est assez inhabituelle. Le lieutenant Raymond voit 6 avions ennemis en groupe, loin et bas dans leurs lignes. Le sergent Lemaire voit deux groupes, l'un de 7, l'autre de 5 avions « boches » au nord-est de Péronne, mais loin et bas dans leurs lignes. Le lieutenant Guynemer engage cinq combats avec des groupes d'avions ennemis de 5 à 11 appareils. Sans résultat. Le sergent Chainat aperçoit deux groupes d'avions ennemis l'un de 5 avions, l'autre de 6 dans la région de Péronne à faible hauteur. Lemaire rentre à 18h 35, Chainat à 19h 45, Raymond à 20h et Guynemer à 21h. après avoir « fauconné » pendant une heure

27 juillet. En milieu d’après-midi ,Guynemer part seul et rentre après 2 heures en ayant combattu sans succès un groupe de 3 LVG.

A 19h il repart avec, Heurtaux et de la Tour pour une ronde d’une heure cinquante sur le front de l'armée. Ils doivent soutenir plusieurs combats.

Guynemer attaque plusieurs groupes de 3 puis 10 appareils, dont des bimoteurs triplaces. Il surprend un bimoteur qu’il attaque aussi de face. Le « boche » tente de riposter puis il pique sans tirer et il est repris en chasse par le lieutenant Heurtaux. Il pique encore et semble sérieusement touché.

Le lieutenant Heurtaux avait attaqué avant ce combat un bimoteur ennemi au sud de Péronne sans résultat.

De La Tour a attaqué vers 20h 30 au N O de Combles un appareil allemand cherchant à surprendre de très près un de Haviland. L'appareil pique violement continue sa descente en vrille paraissant sérieusement touché. De La Tour le suit en tirant jusqu’à épuisement de cartouches. Il redresse alors et le perd de vue

28 juillet. Guynemer 11h 45 - 14h effectue une ronde sur le front de l’armée au cours de laquelle il abat son onzième avion. Citation : « Le 28 juillet 1916, a abattu son onzième avion ennemi. »

C’est la trentième victoire de l’escadrille, Guynemer étant responsable du tiers. Ce combat aurait pu être sans histoire, mais… le rapport relate un grave incident peu banal : « A ses dernières cartouches tirées le lieutenant Guynemer a son hélice fauchée par les balles de sa mitrailleuse; le moteur déséquilibré secoue violement l'avion du lieutenant Guynemer, celui-ci, coupant, atterrit en vol plané sans accident à l'aérodrome de Chipilly. Appareil complétement inutilisable ».

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Guynemer atterrit en vol plané sans accident à l’aérodrome de Chipilly. Appareil complétement inutilisable.

29 juillet. En fin de matinée Heurtaux accompagne une reconnaissance photographique alors que de  La Tour lors d’une ronde sur le front affronte un Fokker puis deux LVG qui refusent le combat.





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Heurtaux, Guynemer, de La Tour, Le Prieur posent devant le Nieuport accidenté de Guynemer dont on a déjà démonté les ailes.


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Guynemer en compagnie d’Heurtaux sourit devant son Nieuport 17 n°1531 dont la désynchronisation de la mitrailleuse a abattu son hélice après sa 11ème victoire. Le lieutenant de vaisseau Le Prieur présent à Cachy pour la mise au point de ses fusées à l’arrière-plan examine le moignon d’hélice.


2 août. 8h 55-10h 55 Guynemer et Heurtaux décollent. Ronde front de l'armée. Guynemer attaque un LVG et un Aviatik de chasse. Enrayage de la mitrailleuse. Le lieutenant Guynemer reçoit plusieurs balles qui endommagent son appareil. Il poursuit et fait rentrer chez lui un « boche » qui faisait du réglage à 4.500m. Il attaque un autre LVG région Chaulnes. Nouvel enrayage.

Le lieutenant Heurtaux est attaqué par 7 avions allemands dans la région de Nesle. Il réussit à leur échapper. A 10h 10 il attaque un LVG qui était rentré dans nos lignes par Vermandovillers. Tiré un rouleau. L'avion pique très fortement et sa chute est confirmée par l'infanterie et par les P.C.. Attaqué vers 10h 40 au sud de Fouquescourt un autre LVG, tiré un rouleau. Pas pu voir de résultat étant attaqué par les autres assaillants. L’allemand tombe à Varmandevillers. La victoire est homologuée.

3 août. 9h 20- 10h à 10h 45. Guynemer, Heurtaux, de la Tour. Ronde front de l'armée. Le lieutenant Guynemer attaque un « boche » vers Barleux. Pendant le combat un autre « boche » tire sur Guynemer. Sans résultat Guynemer rentre avec une balle dans son appareil.

Vers 9h 45 Guynemer et Heurtaux attaquent un autre avion allemand vers Barleux. Ils ouvrent le feu à une cinquantaine de mètres et ne le cessent qu'à quelques mètres de l'avion ennemi. Le passager de celui-ci est atteint. L'avion pique fortement et parait être sérieusement touché (quatrième victoire pour Heurtaux).

Citation pour Guynemer : "Le 3 août 1916, a abattu son douzième avion ennemi."

Le lieutenant Heurtaux a attaqué ensuite à 10h 25 deux LVG qui faisaient du réglage entre Maucourt et Chaulnes. Ils rentrent chez eux.

Le lieutenant de La Tour attaque un nouvel appareil dont les ailes sont en forme de rectangle étroit, couleur jaune cire, gouvernail pentagonal bicolore (noir, blanc, rouge) ne portant aucune croix. Appareil rejoint à 1 200m. Tiré un disque. L'avion ennemi se met en vrille et le pilote le suit jusqu'à 800m d'altitude. Attaqué en ce moment dans le dos par un LVG et l'abandonne et le perd de vue.

7 août. De La Tour dans une patrouille à 6. 17h 15, 18h 45 à 19h 30. Ronde front de l'armée. L'adjudant Bucquet et l'adjudant Dorme poussent leur ronde de Bapaume à Lassigny. L'adjudant Bucquet attaque de loin deux avions ennemis au nord de Saint Martin, sans résultat. Le sergent Lemaire attaque un avion allemand près de Combles vers 18h.

De La Tour ne voit aucun appareil ennemi, à 18h 50 il attaque la « saucisse » de Marancourt, enraye à 100m du ballon et à environ 700m du sol. La mitrailleuse désenraye, le lieutenant de la Tour revient l'attaquer à 19h 05, la rejoint à 500m, tire son disque de balles incendiaires, l'observateur saute, le drachen descend à environ 150m du sol, puis brusquement à 19h 35 descend au sol. Une grande agitation autour du drachen se faisait remarquer.

L'adjudant Dorme a survolé durant 20 minutes la saucisse attaquée par le sous-lieutenant de a Tour et donne le même signalement. De La Tour rentre à 19h 30

Citation pour de La Tour : Brillant pilote de chasse. Le 15 juillet 1916 a abattu un avion (troisième) et le 7 août un drachen ennemi.

 

 

Nieuport 16 Deullin retouche

Deullin au pilotage de son Nieuport-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

webDEULLIN ET TARASCON CACHY 30 SEPTEMBRE 16 2

Lieutenant Deullin et adjudant Tarascon autour du Nieuport XVII de Deullin.

La bande noire est visible sur le dessus du fuselage.

 

 

Avec la cinquième victoire d’Heurtaux, la bande noire est un carré d’As.

17 août. 9h 05 10h 35: Heurtaux, Deullin, Guynemer (qui prolonge jusqu'à 11h 10).

Le lieutenant Deullin attaque un petit biplace Albatros sur la route Péronne Bapaume. Le lieutenant Guynemer surprend un « boche » à 5 mètres, tire dessus, 2 enrayages sur 3 cartouches. L'observateur tué et l'avion pique fortement en dégageant une fumée sous le siège du pilote. Attaqué ensuite 2 LVG vers Montauban. 3 enrayages en 10 coups.

Le lieutenant Heurtaux attaque 2 avions entre Combles et les lignes. Attaque vers 10h deux autres entre Combles et Maurepas. L'un des appareils semble touché.

Communiqué du 20-8-16 pour Heurtaux : Dans la journée du 17, le sous-lieutenant Heurtaux a également descendu un appareil allemand, ce qui porte à cinq le nombre des avions ennemis dont ce pilote a triomphé jusqu’à ce jour

Brillant pilote. Le 17 août 1916 a abattu son cinquième avion ennemi qui s'est écrasé près des lignes anglaises.

Guynemer signe sa treizième victoire.

De la Tour, de son côté est parti avec Dorme (10h 15, 12h 30) et ne peut conclure deux combats avec des LVG.

A 19h Guynemer, Heurtaux, Deullin, de La Tour décollent ensemble pour une ronde sur le front d'une heure pendant laquelle il ne se passe rien de notable.

18 août. 14h - 19h. Guynemer, Deullin. Le lieutenant Deullin voit 2 « boches » vers Péronne qui s'enfuient aussitôt. Vu aussi vers 18h 10 un avion « boche » attaqué par un Nieuport s'écraser au sol.

Le sous-lieutenant Guynemer attaque un "Rumpler" protégé par un Aviatik à 2.600m au nord de la Somme. Tiré 2 balles à 30m, pilote probablement tué, appareil part en vrille et s'écrase au sol à la lisière ouest du bois Madame. L'Aviatik s'enfuit. Enrayage après la deuxième balle.

Citation pour Guynemer : Les 17 et 18 août, a abattu deux avions ennemis devant les tranchées françaises."

21 août. Heurtaux est parti seul vers 8h50. Après plusieurs combats infructueux dans la région de Bouchavesnes il rentre. Il n’a pas plus de succès dans sa deuxième patrouille de 9h 50 à 10h 55.Deullin, par deux fois rentre également sans avoir rencontré d’ennemis. De la Tour, seul également, prend en chasse vers 9h 30 à 4 600m au-dessus de Péronne trois Aviatik de chasse...; chacune de ses trois attaques est stoppée par l’enrayage de sa mitrailleuse. A la quatrième attaque au-dessus de Flaucourt, il tire de très près environ 150 cartouches. L’appareil ennemi tombe absolument désemparé.

Citation pour de La Tour : Brillant pilote. Le 21 août 1916, a abattu son quatrième avion ennemi. (En réalité le sixième)

webTENANT DE LA TOUR POSE FARRE

De La Tour sort à nouveau seul le 22 et le 23 soutenant plusieurs combats sans résultat, comme d’ailleurs ses camarades de la bande noire.

24 août. 17h 30. De la Tour, Heurtaux, Deullin décollent pour surveiller la région Bapaume- Péronne - Roye. Heurtaux attaque un LVG qui survolait les lignes. L’enrayage de sa mitrailleuse arrête le combat. Alors que de La Tour ne fait qu’apercevoir des ennemis loin dans leurs lignes, Deullin s’attaque à un LVG dans la région d'Athies sans pouvoir conclure. Il s’en prend ensuite à un groupe de 4 LVG sur Marchélepot. L’appareil qu’il mitraille pique brusquement et disparait. Le combat continue contre les trois autres qui devant le mordant de Deullin finissent par prendre la direction de Hamm. Deullin rentre à 19h 30 avec un éclat d’obus dans le plan supérieur droit de son avion

Citation pour Deullin : Pilote de Chasse de premier ordre. Le 24 août 1916 a abattu son cinquième avion, tombé dans ses lignes." (En réalité le sixième).

DEULLIN ALBUM DE LA TOUR

Deullin pose pour le peintre Farré

25 août. 7h 30 - 9h 30 de La Tour, patrouille seul. « Attaqué plusieurs fois dans la région Chaulnes - Roye quatre appareils de réglage. Enrayage chaque fois. A 8h 30 attaqué de face un appareil de réglage au-dessus de Curchy. Au bout d'une centaine de cartouches l'appareil vrille brusquement trois fois puis tombe verticalement. J'ai pu suivre la chute jusqu'au sol ».

Citation pour de la Tour : Pilote de chasse de premier ordre. Le 25 août 1916, a abattu son cinquième avion ennemi, qui s'est écrasé dans les lignes allemandes. (En réalité le 7e )

Dans les derniers jours d’août et les premiers jours de septembre les missions se suivent et se ressemblent : elles donnent lieu de manière générale à une RAS qui ponctue le compte-rendu de vol.

webfrench flicite la BN

Les Spad VII font leur apparition dans le ciel de Cachy.

4 septembre. Sur son SPAD VII n° 115 qu’il a pris en main après plusieurs vols d’essai, Guynemer obtient une victoire dans l’attaque d’un groupe de quatre Rumpler protégeant un LVG et un Aviatik.

Communiqué pour Guynemer : Il se confirme que pendant la journée du 5 septembre, le sous-lieutenant Guynemer a abattu son quinzième avion ennemi dans la région d'Ablaincourt

Les vols des 5 et 6 septembre sont l’occasion de plusieurs combats infructueux. Le fait marquant du 7 septembre est la septième victoire de Deullin dont le compte-rendu tient en deux mots. « Avion descendu ».

Citation pour Deullin : « Brillant pilote. Le 7 septembre 1916 a abattu son sixième avion ennemi qui s'est écrasé dans ses lignes»

A part l’essai par Heurtaux du SPAD VII n° 113 qui lui est confié, la journée du 8 septembre ne présente aucun événement notable. 9 septembre, 10 septembre, 11 septembre… Beaucoup de missions en solitaire ou en patrouille de deux qui se concluent par un .RAS. Jusqu’au 15 septembre où Heurtaux abat un LVG dans une journée assez animée lors de laquelle il veut faire briller son nouvel avion.

Une journée animée pour les quatre pilotes

15 septembre. Sur son SPAD VII n° 113, Heurtaux effectue une première mission de 8h 30 à 9h 30.  Il attaque trois LVG au nord de Faucoucourt. Le passager de l’un d’eux est tué, l'appareil pique fortement chez lui.

A 10h et pour une heure il repart mais ne peut attaquer sept LVG et DFW qui sont trop loin. Deux LVG à l’est de Péronne subissent ses assauts contrariés par l’enrayage de sa mitrailleuse. Redécollant à 14h il rencontre une mer de nuages qu’il traverse et au-dessus de laquelle il attaque un LVG. L’ennemi tombe en vrille et disparait dans les nuages. Un second appareil attaqué dans la région de Combles est vu tombant en feu. Cette victoire lui est homologuée. Après 45 minutes au terrain pour refaire le plein il enchaîne une quatrième mission Attaqué un groupe de 5 appareils au nord de Maucourt, se contentant de les disperser.

De La Tour parti à 17h 50 s’en prend à 800m d'altitude au premier d'un groupe de quatre sur Barleux. Aux premières balles le passager s'effondre dans la carlingue. De la Tour l'attaque « près à le toucher », lorsque son moteur s'arrête brusquement. Engagé dans une perte de vitesse il réussit son atterrissage à 1500m de Barleux près de la route Asservillers Raucourt. Une balle a traversé le plan supérieur. L'appareil attaqué est rentré chez lui et n'a plus reparu d'après des fantassins.

Guynemer, SPAD 115. 16h 15 - 18h 35. « Attaqué un Aviatik de chasse, tiré de face 20 coups. Attaqué 3 boches, tiré l'un d'eux de très près. Il riposte (une balle dans l'aile gauche). Attaqué un Albatros; tiré à 80m. Tué le passager. L'appareil paraît désemparé mais se redresse après plusieurs tentatives. »

Communiqué pour Guynemer : Le 15 septembre le sous-lieutenant Guynemer a abattu son 16e avion

Deullin 17h - 19h « Ronde Saint Creux - Bapaume, Dégagé Guynemer attaqué par un Roland sur Avrecourt. Combat avec 2 LVG au nord-est de Sailly-Saillisel ».

Le 17 septembre tous les pilotes de l’escadrille 3 partent en mission en solitaire. Seul Heurtaux parti sur son Spad VII à 8h 30 revient avec une victoire qu’il a obtenue vers 9h 45 dans la région de Villers – Hamel. 20 cartouches tirées à près de 10 mètres ont eu raison de l’Albatros qui tombe en vrille. Ses ailes se détachent en plusieurs morceaux et il s’écrase dans la région de Brie

Citation pour Heurtaux : Brillant pilote de chasse. Le 17 septembre 1916 a abattu son septième avion ennemi qui s'est écrasé dans nos lignes.

22 septembre : Deullin abat un petit monoplace vers Doingt qui tombe au sud de la route Péronne - Malaincourt.

23 septembre : Le compte-rendu de Guynemer est factuel : « 2 combats sur Eterpigny. A 11h 30 Abattu un boche en feu près d'Erches. 11h 25 Fait atterrir un boche. 11h 30 Abattu un boche en feu près de Laucourt. 11h 30, abattu moi-même par un obus français. J'écrase mon appareil près de Fécamp. Contusions. Une balle dans un longeron ». Pourtant l’incident aurait pu avoir de graves conséquences. Le risque d’être atteint par un obus de la DCA qui canonne l’avion que l’on attaque est donc réel. En principe la DCA s’arrête à l’observation de ces duels…

Citation : "Le 23 septembre 1916, apercevant un groupe de trois avions ennemis soumis au feu de notre artillerie spéciale, leur a résolument livré combat, a abattu deux de ces avions et a mis le troisième en fuite ; a reçu à ce moment, dans son avion, un obus de plein fouet et n'a pu qu'au prix de prodiges d'adresse regagner nos lignes, où il a capoté et s'est légèrement blessé. (Dix-septième et dix-huitième avions allemands abattus)."

 LAMY VIEUX CHARLES 1 corrig  LAMY VIEUX CHARLES 2 rectifi  LAMY VIEUX CHARLES 3 redtifi

Après le crash du 23 septembre Guynemer reçut un second Spad VII, le S 132 ci-contre. Cet avion a été construit en Septembre 1916 et les photos suivantes en montrent la préparation. Sur cet avion Guynemer remporta 11 victoires de Novembre 1916 au 23 janvier 1917. Il fut détruit le 24 janvier 1917 et remplacé par le fameux S 254

25 septembre. Heurtaux exécute trois missions dans la journée. La première lui permet d’ajouter une victoire à son tableau de chasse. « Attaqué un Fokker monoplace à 9h 55 à Villers-Carbonnel. L'avion s'écrase au sol après avoir perdu ses ailes. Attaqué un deuxième Aviatik qui pique très lentement. Combat interrompu par mitrailleuse enrayée ».

Citation pour Heurtaux : Brillant pilote de chasse le 25 septembre a abattu son 8e avion ennemi qui s'est brisé en l'air.

Parti à la même heure, de La Tour rentre sans rien avoir à signaler, de même d’ailleurs que lors de la seconde patrouille qu’il effectue seul de 16h à 18h. Heurtaux également parti seul dans un second vol (15h 40 - 17h 10) attaque à 16h 50 un groupe de 5 ennemis sur Bouchavesnes. Le seul résultat de ce combat est de recevoir plusieurs balles dans son appareil dont l'une fait éclater un montant.

 

300 guynemer spad bd noire

Sous-lieutenant Guynemer posant devant le triangle noir de son SPAD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La bande noire vole désormais sur Spad VII

Guynemer a le Spad 132.

Heurtaux pilote le Spad 113.

De La Tour réceptionne le Spad 155.

delatour heurtaux

Deullin reçoit le Spad 135.

La première quinzaine d’octobre ne donne lieu qu’à de rares sorties, voir même à aucun vol de l’escadrille comme les 3 et 4. Les circonstances atmosphériques en sont la cause. Lorsqu’ils sortent, les quatre mousquetaires désormais équipés de Spad VII n’affrontent que peu de combat et aucun ne se termine positivement. Sans doute le peu d’avions allemands rencontrés est-il une partie de l’explication, mis il faut noter que le passage du Nieuport au Spad demande quelques temps d’adaptation.

Il faudra attendre le 17 octobre pour qu’Heurtaux renoue avec la victoire après un combat de 20 minutes dans lequel il abat un Albatros qui tombe en vrille. Trois jours plus tard il confirme ce succès en faisant s’écraser au sol vers Bouchavesnes un avion allemand qui prend feu au sol. C’est sa dixième victoire.

Citation : Pilote de chasse. Les 17 et 20 octobre 1916, a abattu ses 9e et 10e avions ennemis qui se sont écrasés en feu dans nos lignes.

C’est encore lui le 3 novembre qui met l’escadrille à l’honneur pour une 65e victoire lors d’une ronde avec Guynemer. Citation pour Heurtaux : Brillant pilote de chasse, a abattu le 3 novembre son 11e appareil ennemi qui s'est abattu en feu dans ses lignes.

En deux sorties Guynemer soutient 5 combats. Lors du premier il tue l'observateur. Bien que l'avion pique en perdant des lambeaux de toile il ne peut le suivre jusqu'au sol pour assurer sa victoire.

Le 8 novembre ils sont quatre à sortir : Guynemer, Deullin, de La Tour, Lauhlé pour des vols sans histoire.

Le 9 novembre presque tous les pilotes de l’escadrille sortent et affrontent des avions allemands en combat. Seul Deullin arrive à conclure dans une ronde au nord et au sud de la Somme (9h 30 – 11h). Attaqué un Fokker et un Albatros sur Saint-Christ, puis un autre sur Sailly-Saillisel qui pique verticalement vers Rocquigny, puis un Rumpler vers Bouchavesnes qui lâche un épais nuage d'essence. Perdu de vue. Selon son habitude il repart pour une deuxième patrouille. 14h - 16h 15. Attaqué 4 biplaces sur Misery puis un mono à Misery également puis 3 Albatros sur Allaines qui descendent vers Roisel.

10 novembre. Heurtaux décolle quelques minutes avant Guynemer mais rentre très vite mitrailleuse enrayée. Guynemer poursuit la patrouille. Après avoir attaqué sans succès 3 ennemis. Il abat un monoplace en flammes au sud de Nesle après 15 coups tirés de près. A 12h 35 il abat un biplace Albatros 220 HP Mercedes dans le secteur de Morcourt qui était protégé par 3 monoplaces.

11 novembre. Heurtaux est le seul de la bande à voler le 11 novembre parmi les 8 sorties de l’escadrille. Il a son Spad bien en main et sa fougue lui permet d’attaquer et de vaincre un Albatros qui s'écrase au sol dans ses lignes à l'est de Sailly-Saillisel.

Citation pour Heurtaux : Brillant pilote de chasse, a abattu le 3 novembre son 11e appareil ennemi qui s'est abattu en feu dans ses lignes. Le 11 novembre son 12e qui s'est écrasé dans les lignes françaises.

Le 12 novembre Guynemer fait deux vols. Le reste de la bande noire ne vole pas ni ce jour ni les jours suivants. Il faut attendre le 16 novembre pour les voir à nouveau dans le ciel sur le front de la Somme. Entre 9h et 9h 30, 3 pilotes décollent. Lors de cette ronde sur Biache – Tancourt, Heurtaux s’adjuge une victoire en venant au secours d’un Maurice Farman attaqué par un monoplace allemand. L’Allemand pique verticalement en dégageant un gros nuage de fumées et s'écrase au sol où il prend feu. C’est la 70e victoire de l’escadrille et la 13e pour Heurtaux.

A 13h 40 Guynemer augmente ce score en abattant un monoplace qui s’abat au sud et entre Omiécourt et Pertain. De La Tour, Heurtaux et Deullin qui partent en début d’après-midi viennent compléter la contribution de la bande aux vingt sorties de l’escadrille ce jour-là.

Les conditions du mois de novembre ne sont pas des plus favorables aux vols. Le 17 l’escadrille effectue 12 sorties qui permettent à Bucquet d’engranger une victoire alors que Deullin et Guynemer sortent deux fois et de La Tour une seule fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30 sept 1916 heurtaux guynemer

Juste avant le décollage, le lieutenant Guynemer échange quelques mots avec le lieutenant Heurtaux, le 30 septembre 1916 à Cachy, dans la Somme. Son avion, le Vieux Charles, en plus de la bande tricolore et de la la cigogne emblème de l’escadrille porte "la bande noire" sur le dessus

 

Face aux redoutables Walfisch.

Le 20 novembre ne permet que 5 sorties dans lesquelles Deullin et Guynemer affrontent des Walfisch ( Baleine. Surnom donné au LFG Roland C II en raison de sa forme ) dont Guynemer le 22 abattra un exemplaire vers Saint-Christ puis un Halberstadt dans un combat où il le tire à bout portant.

23 novembre. Entre 8h 30 et 9h en ordre dispersé cinq pilotes dont Deullin prennent leur envol pour une ronde Bapaume Péronne. Deullin doit engager le combat face à un Rumpler sur lequel il prend l'ascendant et le fait chuter à la lisière sud du Bois de Vaux.

Citation pour Deullin : Brillant pilote de chasse. Les 22 septembre, 9 et 23 novembre a abattu ses 8e 9e et 10e appareils ennemis

Les jours suivants de fin novembre et début décembre ne donnent lieu qu'à quelques sorties en patrouille. Deullin est détaché à Verdun le 14 décembre 1916. Il rentrera le 14 janvier.

La fin du mois de décembre est plus active et plus favorables aux 3 pilotes de la bande restant. Heurtaux par 3 fois ( Le 24 - un Rumpler, le 26, et le 27 décembre également), Guynemer par deux fois ( Un Halberstadt le 26 et un Walfisch le 27 au sud-est de La Maisonnette ) et de la Tour le 27 ( Attaquée de très près d’un Walfisch. Enrayage à la 3e cartouche. 100 cartouches ont raison d'un Halberstadt. ) augmentent leur palmarès .

Citations pour Heurtaux : Brillant pilote de chasse. Les 16 novembre, 24 décembre a abattu ses 13e et 14e avions ennemis. Brillant pilote de chasse. Les 26 et 27 décembre 1916, a abattu ses 15e et 16e avions ennemis

Citation pour de La Tour : Brillant pilote de chasse. Le 27 décembre 1916 a abattu un des plus redoutables pilotes ennemis. 8e appareil abattu par ce pilote :

La première quinzaine de janvier l’escadrille ne fait que 30 sorties. Heurtaux est détaché à Cazaux du 2 au 13 janvier. Le 23 janvier est plus favorable et permet 12 sorties. Heurtaux décolle à 11h mais fait une patrouille sans intérêt.

Guynemer se montre très actif voire téméraire : Attaqué et fait piquer un mono Albatros. Abattu un biplace en feu vers Maurepas. Fait piquer un biplace désemparé, passager tué. Fait piquer un biplace désemparé. N'ayant plus de cartouche, vu un boche à 800 m sur Marcelcave essaye de la faire atterrir par persuasion. Reçue à 15 mètres une balle qui traverse l'hélice et touche le capot.

Deullin part en patrouille avec Raymond l'après-midi (14h 40 - 16h 10) et parcourt la région Sailly-Saillisel Péronne sans rien à noter.

Doublés de Heurtaux et Guynemer.

Un doublé de Heurtaux le 24 janvier. Un doublé de Guynemer le même jour.

Parti à 10h 15, Heurtaux attaque d'abord six appareils faisant une reconnaissance puis 4 Rumpler à 11h 30 et en touche très durement l'un d'eux. Un des 2 autres Rumpler rencontrés sur Combles à 11h 45 est envoyé au sol. Reparti à 14h, c'est un Halberstadt qu'il descend vers Varvilliers. Citation pour Heurtaux : Brillant pilote de chasse. Le 24 janvier 1917 a abattu ses 17e et 18e avions ennemis

Les deux victoires de Guynemer font l’objet d’un rapport laconique : « Abattu un avion » qui est peut-être la cause de l’erreur du communiqué.

Citation pour Guynemer : Brillant pilote de chasse. Les 23 et 24 janvier 1917, Le capitaine Georges Guynemer a abattu ses vingt-septième et vingt-huitième avions ennemis.

La citation pour la 19e victoire d’Heurtaux donne sur le combat plus d’informations que le compte-rendu qu’en a fait le pilote. Alors qu’il signale simplement avoir abattu un avion, la citation en donne le détail. Pilote de chasse incomparable. Le 25 janvier 1917 a abattu son 19e avion ennemi. Le 25 janvier, dans un appareil détruit à moitié par les balles de son adversaire a abattu ce dernier dont l'appareil est tombé en feu dans nos lignes.

Le lendemain 26 Guynemer fait atterrir un Albatros près de Compiègne. « Brillant pilote de chasse. Les 25 et 26 janvier 1917, a abattu ses vingt-neuvième et trentième avions ennemis »

 

latour guynemer

Guynemer pose pour le peintre Farré

A part quelques rares sorties, la fin du mois de janvier n’apporte rien. Sans doute les préparatifs du départ calment-ils les ardeurs car l’escadrille part pour Manoncourt en Vermois le 28 janvier 1917.

De la Tour est rentré à l'hôpital le 3 février. Il en reviendra le 1er mars.

6 février. Heurtaux. 12h-13h 45 Attaqué à13h 40 au S-O de Nancy un LVG 220 HP. Tiré 250 cartouches à bout portant. L'avion boche atterrit au Bois de Faux. Mon appareil est endommagé par plusieurs balles dont l'une enlève le carburateur, et je suis obligé d'atterrir près de Saint Menehould.

Une victoire au gout amer.

8 février. 10h 40. Chainat : Départ à vue sur une dizaine de boches rejointe avec le lieutenant Guynemer le dernier groupe lequel le lieutenant Guynemer attaque et tire un petit nombre de cartouches. A mon tour j'attaque. Je tire une première fois trois cartouches et une seconde de même après m'être écarté pour désenrayer. Je reviens je recommence à tirer à 200 environ plus de 200 cartouches le Boche continue à descendre et atterrit à Bouconville.

Guynemer: Pris en chasse depuis le terrain un triplace rejoint vers Toul. Tire deux rafales courtes et 1 coup isolé à 10m par suite d'enrayage. Le moteur gauche cale et les boches font camarades. A ce moment un Spad attaque et par son tir me force à partir. Le boche atterrit à Bouconville.

La victoire sera attribuée au seul Guynemer. La revendication véhémente de Chainat pour une victoire partagée ne sera pas au gout de la hiérarchie. Il sera écarté de l’escadrille.

Heurtaux est détaché à la RGA du 8 au 15 février

10 février. Deullin. Attaqué un DFW sur Erbéviller. Tiré 30 cartouches à 50m. Le Boche prend feu et tombe dans la forêt de Champenoux.

Guynemer. Attaqué 3 monoplaces Albatros sur Bazanges. L'un d'eux à bout portant, combat prolongé de 2.800m à 1.200m. 6 balles dans l'appareil. 1 longeron et 1 mat entamés.

18 février Guynemer est promu capitaine. Deullin quitte l’escadrille SPA 3 le même jour.

Fin février , ses membres suivant chacun un destin différent, la bande noire cesse d’exister sur un total de 63 victoires.

Deullin quitte l'escadrille Spa 3 le 18 février. Il est nommé au commandement de l'escadrille Spa 73. Le 21 mars, Mathieu Tenant de La Tour est nommé chef d'escadrille de la Spa 26. Heurtaux est grièvement blessé le 3 septembre et est définitivement écarté du front. Georges Guynemer disparait lors d’une dernière mission le 11 septembre 1917.

 

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