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LGA

Turenne, Armand de.

Né le : 2 avril 1891 au Mans (72).

Mort le : 10 décembre 1980 à Paris.

Profession avant la mobilisation : militaire.

Passé à l'aviation le : juin 1915.

Brevet militaire le : 21 décembre 1915.

Parcours : 21e dragons.

Affectations : N 48, SPA 12.

15 victoires, 5 combats non homologués.


Armand, Jean, Galliot, Joseph de Turenne voit le jour dans la ville du Mans le 2 avril 1891 dans une illustre famille aristocratique descendante du célèbre maréchal de Louis XIV. Son père, qui a le titre de Marquis d’Aubepeyre, sert comme lieutenant au 104e régiment d’infanterie encaserné au Mans. L’enfance du jeune garçon est marquée par une tragédie quand sa mère décède quatre mois après sa naissance. Son père se remarie et le jeune Armand grandit avec une demi-sœur dans les diverses villes de garnison où est muté son père. Il peut effectuer des études et obtient son baccalauréat.

P. Gaubert

Armand de Turenne dans son Nieuport 11

Une fois passé son 18e anniversaire, il décide de suivre la tradition familiale et s’engage en 1909 dans l’armée à la mairie de Béziers, en tant que simple soldat au 10e régiment de chasseurs encaserné dans cette ville. Il y servira durant tout son contrat de 3 ans et y sera nommé au grade de maréchal des logis. Après ce contrat, il se réengage pour un autre engagement en 1912 et sert cette fois-ci au 21e régiment de dragons à St Omer, où il prépare le concours d’entrée à l’école d’officiers de cavalerie, concours qu’il réussit en 1914.

Cependant la déclaration de guerre contrarie sa scolarité. Nommé aspirant, il sert au front dans son régiment qui se retrouve vite enlisé dans la guerre des tranchées, comme tous les régiments de cavalerie. Pour échapper à la boue, il se porte volontaire dans l’aviation où il est accepté en tant qu’observateur / bombardier au mois de juillet 1915, servant au Groupe de Bombardement N° 1 sur le plateau de Malzéville.

Il est vite envoyé en école de pilotage et en sort breveté au mois de décembre 1915 tout en étant promu au grade de sous-lieutenant. Affecté au GDE il y poursuit un programme de perfectionnement, jusqu’en juin 1916, vraisemblablement dans la section Nieuport. Le 1er juin 1916 il est envoyé à l’escadrille de chasse N 48 qui converge vite vers le secteur de Verdun où se bat toute la chasse française. Armand de Turenne y vole sur un Nieuport 11 dont il fait peindre le fuselage aux couleurs du drapeau national, en y ajoutant ses armoiries alors qu’il assure le commandement par intérim de l’escadrille. La physionomie de l’escadrille change le 8 octobre 1916 avec la nomination à sa tête du lieutenant Georges Matton qui va très bien s’entendre avec De Turenne, comme lui un officier d’active, dont il fait son second.

Les deux hommes vont immédiatement décider de doter l’escadrille d’un insigne collectif qui sera le buste d’un coq belliqueux, apposé sur les flancs du fuselage de tous les appareils. La N 48 est à cette date regroupée avec les N 12, 31 et 57 pour former le Groupe de Combat n°11. C’est durant cette période que le sous-lieutenant de Turenne remporte sa première victoire homologuée le 17 novembre 1916.

Son tableau de chasse s’étoffe durant l’année 1917 tout comme celui de l’escadrille N 48, qui est dotée petit à petit de SPAD VII, de Turenne obtenant début mai un appareil à moteur surcompressé après une formation spécifique à Buc (SPAD VII S 1505).

L’escadrille 48, animée par Matton et de Turenne, obtient d’excellents résultats et devient une véritable pépinière d’as, combattant au Chemin des Dames et dans les Flandres où le 10 septembre 1917 va tomber le capitaine Matton.

P. Gaubert

Devant le SPAD XIII surcompressé n° 535. Emblème de l’escadrille SPA 48.

Après quelques semaines d’intérim, De Turenne, alors titulaire de 6 victoires, et pilote en second de l’escadrille ne reçoit pas le commandement de la N 48, car il n’est que lieutenant et Sabattier capitaine, mais celui d’une autre escadrille du GC 11, la SPA 12, où il va se battre jusqu’à la victoire et terminer la guerre avec 15 victoires, ce qui lui a valu l’honneur d’être mentionné dans le communiqué aux armées du 25 juillet 1918. Ses pilotes de la SPA 12, tout comme ceux de la N 48, s’accordent pour le décrire comme un meneur d’hommes exceptionnel mais un piètre gestionnaire qui n’a aucun goût pour la paperasse…

Restant dans l’armée après l’armistice en tant qu’officier d’active, il est promu capitaine le 25 décembre 1918 (il était capitaine à titre provisoire depuis le 17 juillet) mais doit revenir à l’école de Saumur terminer sa formation d’officier de cavalerie à peine esquissée avant la guerre. Il en sort avec des notes médiocres, ne montrant aucun intérêt pour les chevaux alors que les avions représentent l’avenir. Retournant d’ailleurs dans l’aviation, il est affecté en Algérie en 1920 où il se marie avec une fille de colons. Il est ensuite muté en Rhénanie en 1922 où il est promu commandant, puis il va poursuivre sa carrière en Afrique du Nord à partir de l’année 1925. Sa progression aux grades supérieurs sera contrariée par son manque d’intérêt pour les affaires administratives qui n’échappe pas à ses supérieurs, qui reconnaissent ses talents de meneur d’hommes, mais pointent son manque de culture générale. Armand de Turenne se distingue toutefois pour sa participation à la croisière noire du général Vuillemin dont il devient l’adjoint, effectuant un long circuit à travers toute l’Afrique Occidentale Française de novembre 1933 à janvier 1934 ce qui lui vaudra sa promotion au grade de lieutenant-colonel.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, il est colonel et chef du groupement de chasse n°24 chargé de faire face à la frontière italienne – une mission qu’il mène malgré la débâcle avec beaucoup de tact selon son supérieur, et réalise lui-même quelques missions de guerre. Replié en Afrique du Nord, il est maintenu par le gouvernement de Vichy à un poste de commandement en Tunisie puis au Maroc. Mais, sympathisant de la cause alliée, il est poussé vers la sortie en étant mis à la retraite le 1er avril 1942. Retiré à Rabat, il ne sera pas rappelé à l’activité après l’arrivée des alliés et reviendra en France dans les années 1950, s’éteignant à Paris à l’âge de 89 ans le 10 décembre 1980.


14 novembre 1916 : "Pilote remarquable par son entrain, toujours prêt aux missions périlleuses. Dans l'aviation depuis juillet 1915, a effectué quelques bombardements, fait plusieurs reconnaissances d'armée et livré de nombreux combats. A montré aux dernières attaques de Verdun, un constant mépris du danger en descendant à faible altitude dans les lignes ennemies. A eu son appareil atteint sérieusement par des projectiles au cours d'une de ces croisières."

1

17 novembre 1916

N 48

Albatros

 

Officier pilote qui s'impose à tous par son entrain et son audace. Le 17 novembre, a obligé par son attaque un avion allemand à abandonner sa mission, l'a poursuivi dans ses lignes et, bien que son adversaire soit descendu très bas, n'a abandonné le combat qu'après avoir vu son ennemi venir s'abattre sur le sol.

2

26 avril 1917

N 48

Albatros D.V

Ville-au-Bois

Officier pilote remarquable par son entrain, volontaire pour toutes les missions délicates et périlleuses. Le 17 mars 1917, au cours d’un combat à courte distance, a touché sérieusement un biplace ennemi, le forçant à atterrir près de nos lignes. Le 16 avril 1917, a exécuté sous un feu violent et à deux cents mètres du sol une reconnaissance des arrières-lignes allemandes. A rapporté des renseignements précieux sur la progression de notre infanterie et sur les emplacements de l’infanterie ennemie. Le 26 avril 1917, avec deux autres pilotes, a abattu un autre biplace à cinq cents mètres au-dessus des tranchées ennemies.

3

6 juillet 1917

N 48

Albatros D.V

St. Thierry

4

6 juillet 1917

N 48

Albatros D.V

Brimont

Chevalier de la Légion d'honneur et citation le 22 juillet 1917 : "Un pilote très courageux qui donne à ce jour l'exemple le plus élevé de la hardiesse et de l'initiative. Le 6 juillet 1917, il a abattu ses troisième et quatrième avions allemands, un de ces derniers dans nos lignes. Cité déjà trois fois."

5

18 août 1917

N 48

Albatros D

Foret d'Houthulst

Excellent pilote de chasse, donnant à l'escadrille qu'il commande une impulsion remarquable. A abattu le 18 août 1917 son 5e avion allemand.

 

6

30 septembre 1917

N 48

Albatros C

Foret de Pinon

Pilote de chasse de premier ordre, toujours volontaire pour les missions périlleuses. A abattu, le 30 septembre 1917, son sixième avion ennemi.

SPAD XIII surcompressé n° 535

7

29 janvier 1918

SPA 12

Albatros D.III

Allemont

8

23 mars 1918

SPA 12

Biplace

La Fère

Chef d'escadrille de chasse remarquable par ses brillantes qualités d'entrain, de mordant et d'autorité. A animé son unité du plus bel esprit de sacrifice, par son exemple quotidien et en a tiré le maximum de rendement. Pilote de premier plan, a abattu les 29 janvier et 23 mars 1918, ses 7e et 8e avions allemands.

9

12 mai 1918

SPA 12

Albatros C

Guerbigny

10

13 juin 1918

SPA 12

Pfalz D.III

Bezuet / Soissons

Chef d'escadrille et pilote de chasse remarquable. Mène à la tête de son unité de quotidiens combats ; vient d'abattre ses 9e et 10e avions allemands.

11

15 juillet 1918

SPA 12

Fokker D.VII

Château-Thierry

12

16 juillet 1918

SPA 12

Albatros C

Reims

Officier pilote hors pair. Vient de remporter ses onzième et douzième victoires en abattant deux avions ennemis.

13

22 août 1918

SPA 12

Ballon

Cuiry

14

26 septembre 1918

SPA 12

Ballon

St. Geneviève

15

26 septembre 1918

SPA 12

Fokker D.VII

Ville-sur-Tourbe

Chef d'escadrille de chasse d'une audace et d'une habileté exceptionnelles, entraineur d'hommes. Le 22 août 1918, a abattu un drachen en flammes ; le 26 septembre a abattu un monoplace et un drachen (13e, 14e et 15e victoires officielles).

 


Turenne devant l’Albatros D V de la Jasta 32 piloté par le Vfw Manfred Stimmel abattu près de Reims le 6 juillet 1917.

SHD Vincennes



Turenne (de) Armand Turenne (de) Armand

Turenne (de) Armand 

Tétu Maurice N 48,Tétu Maurice SPA 12

Armand Jean Galliot Joseph de Turenne