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Le "Mal des Aviateurs", 1911
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Académie des Sciences (France). Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences. 1911.
1911 (T. 152). Pages 1964

PHYSIOLOGIE. — Le mal des aviateurs. Note de MM. RENÉ CRUCHET et MOULINIER, présentée par M. A. Dastre,
Au cours de la grande semaine d’aviation de Bordeaux qui a eu lieu du 11 au 18 septembre 1910, nous avons eu l’occasion d’interroger les principaux aviateurs venus à cette réunion et de prendre leur pression sanguine avant et après plusieurs de leurs vols.
Dans la montée, on note de la dyspnée, de la tachycardie, un léger malaise, de l’hypoacousie, des bourdonnements d’oreilles, de la céphalée, un besoin impérieux d’uriner; de plus, le froid devient bien vite intolérable. Ces divers phénomènes rappellent assez exactement ceux du mal des montagnes avec cotte différence qu’ils apparaissent é une hauteur beaucoup moindre: à partir de 700m à 800m, même vers 400m à 500m chez les novices.
Dans la descente, tachycardie, palpitations, gêne respiratoire, bourdonnements et sifflements d’oreilles, envie d’uriner s’accroissent encore et d’autant plus que l’aviateur se rapproche du sol; mais les troubles dominants sont : 1° la céphalée; 2° une sensation de brûlure, de cuisson étendue à toute la face congestionnée; 3° une invariable tendance au sommeil qui oblige par instants le sujet à fermer les yeux, malgré toute sa volonté de se tenir éveillé.
A l’atterrissage, bourdonnements et sifflements auditifs, céphalée, tendance au sommeil s’exagèrent encore; il s’y joint des vertiges, une sorte d’engourdissement et de paresse musculaires, de la cyanose des extrémités. Enfin le pouls est plus rapide qu’au départ et surtout la tension sanguine mesurée à l’artère radiale avec l’oscillomètre de Pachon est nettement supérieure à celle qui existait avant le vol.
Ces variations dans la pression sanguine nous paraissent explicables par ce fait que l’organisme qui descend au sol en 4, 5 ou minutes, après avoir atteint 1000m, 2000m ou 3000 en 20, 30 ou 40 minutes, n’a pas le temps d’adapter son système circulatoire aux pressions variables (520mm Hg à 3000m, 591mm à 2000m, 760mm  à 0m) que franchit l’aéroplane en un temps trop rapide.
Nous avons été frappés par la constance et l’importance de ces variations de la pression artérielle, particulièrement accusées après des ascensions et des descentes rapides des hautes altitudes, alors que les vols à des altitudes moyennes, chez des sujets entraînés, ne s’accompagnent pas de ce genre de réactions.
En résumé, réactions vasomotrices avec hypertension, vertiges, céphalée, somnolence consécutive aux ascensions et s’accusant surtout sur le sol et quelque temps après l’atterrissage : tels sont les phénomènes qui distinguent le mal des aviateurs du mal des montagnes et donnent un aspect particulier à ces troubles dont la cause essentielle est très vraisemblablement la rapidité avec laquelle l’aviateur se transporte dans l’espace.

 

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